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Entretien avec Adrien Silverstone, maître feng shui Comment êtes-vous venu au feng shui ?
Ce Feng Shui traditionnel, que je pratique et enseigne, n'a rien à voir avec les "recettes" trop souvent publiées dans de nombreux ouvrages ou articles de magazines, qui dans la plupart des cas relèvent de la supercherie. Pensez-vous que le feng shui impose des règles immuables ou
bien qu’il y a une évolution ?
Que pensez-vous d’une conception du feng shui adaptée aux
occidentaux ? Lorsque j'enseigne le Feng Shui, je n'ai généralement pas de problèmes à expliquer les différents concepts. Occidentaliser le Feng Shui consiste pour certains à y introduire, par exemple, la psychologie de la couleur, et pour d'autres à supprimer purement et simplement les concepts qu'eux-mêmes ne comprennent pas. Le Feng Shui n'est, n'en déplaise à certains, n'est pas plus "psy" que la géographie. Comme cette dernière, le Feng Shui est une science de la Terre. Le Feng Shui est également riche et complexe, il supporte mal les "adaptations" ou les simplifications.
Un couple, la trentaine, m'est présenté par des amis communs. Ils sont intrigués par cette "chinoiserie" qu'est le Feng Shui et demandent quelques informations, pour ensuite me dire qu'il se produit chez eux quelque chose d'étrange : tout le vin de leur cave est devenu aigre subitement, après disent-ils, que Monsieur ait effectué quelques transformations autour de la maison. Est-ce que le Feng Shui peut rendre compte du phénomène, et y a-t-il des remèdes à cette situation ? Je fixe un rendez-vous pour visiter la maison.
De transformation en transformation, Monsieur a transgressé tant de règles du Feng Shui que je me demande par où commencer. La maison est tout simplement devenue invivable.
Madame me confie alors ses craintes, elle est enceinte et la grossesse se passe mal, très mal. L'enfant est malformé, et les médecins prédisent un enfant mort-né. Il est trop tard pour interrompre la grossesse. Pour compliquer une situation déjà catastrophique, le domaine professionnel est affecté, Monsieur rencontre de grosses difficultés avec sa hiérarchie. Le couple est à la dérive, pas un jour sans dispute ou conflit. Madame me dit que tout cela a débuté avec les travaux de son mari. Quant au vin, c'est devenu un problème bien secondaire (même si une bouteille de bon vin apportée ce jour là devient aigre au bout de trois heures ! ) La simple consultation devient expertise... Diverses mesures sont prises, l'affectation des pièces modifiée, etc. L'intervention, bien que peu apparente aux yeux non avertis, est décisive. Le couple a très vite retrouvé son équilibre, en dépit des problèmes importants amenés par la grossesse. Les divergences d'opinion ne conduisent plus à la guerre ouverte mais plutôt à une saine discussion d'adultes. Sur le plan professionnel, certains changements ne tardent pas à se produire. Monsieur est muté dans un autre service "à titre de sanction". Mais voilà, le service en question correspond parfaitement à ses attentes et il s'y trouve mieux qu'avant. Il est vite apprécié par ses nouveaux collègues qui maintenant le trouvent "indispensable". La grossesse est arrivée à son terme. L'enfant est né sans trop de
problèmes, en relative bonne santé même si la malformation requiert des soins
particuliers. Les médecins crient au miracle. Aujourd'hui, l'enfant va bien et,
après une intervention chirurgicale nécessaire, évolue
normalement.
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