Les miroirs dans
l’art du Feng Shui,
par Pierre MUSQUIN, consultant et formateur en feng shui
Miroir, miroir, révèle tes secrets !
Ne faut-il voir dans les miroirs qu’une obsession
narcissique, le reflet inversé de notre propre visage qui nous sourit dans
la glace ? Les miroirs, ne sont-ils que des révélateurs, un point de vue unique
où l’homme fait face à lui-même ? L’Histoire nous conte qu’en Europe comme
en Extrême Orient, dépassant les critères culturels, les usages se ressemblent.
En Inde, les royaumes du Rajasthan les utilisent abondamment, des murs des
palais aux tapis, des bustiers des paysannes aux autels religieux. Pour le Roy de France, les miroirs rayonnent la
beauté du soleil couchant et sa magnificence à exprimer sa grandeur, reflet de
vanité dans un Versailles de paillettes. Pour le forain, les miroirs se jouent
de nous et nous rendent grotesques, ridicules, telle une mascarade volontaire, une
séance d’autodérision qui nous soulage de ne pas être parfait.
Changeons de focale et observons maintenant l’objet de plus
près.
Commençons par la forme : ronds, ovales, carrés,
rectangulaires, triangulaires, vaguement aléatoires, et même brisés. Miroirs encadrés
de bois, de métal, de faïences, scellés dans un mur ou pendus à un clou,
miroirs ornant un pan entier de mur ou dissimulés dans un sac. Comment le
préférez-vous ? Magique et flatteur ou discret et dénonciateur ? Le premier n’a d’yeux que pour vous tandis que
le second dévoile ceux qui, dans votre dos, s’agitent dans le rétroviseur. Et
que dire de ces miroirs qui jalonnent les longs couloirs sombres, sinon qu’ils
y apportent la clarté tant souhaitée. Car enfin, n’en déplaise à Narcisse
lui-même, le miroir ne se limite pas à notre reflet, il est aussi le médium, le
vecteur de la lumière. Partout où il se place, la lumière y rebondit. La
lumière, certes, mais aussi tout objet, forme, couleur et matière. Ainsi
l’unique plante verte du salon trouve dans son reflet, sa consœur qui lui fait
face. Il en est de même pour le tableau, pour la douce rondeur d’un sofa
moelleux comme de l’arête anguleuse d’un angle de mur. De là à croire qu’il est
aisé de les disposer où bon nous semble…
Hélas non! En long comme en large,
l’affaire demande un certain coup d’œil.
Essayons d’y voir plus clair.
Le Feng Shui désigne le mur sur lequel ils sont disposés comme
fondamental: le mur intérieur séparant deux pièces ne jouant pas la même
fonction que le mur d’enceinte de l’habitation. Dans le premier cas, on observe
que les miroirs doublent les objets et les personnes qui s’y mirent. Dans le
second, ils doublent la pièce qui s’y reflète, agrandissant les lieux, créant
symboliquement une pièce au delà du mur. Parfois utiles, si votre habitation
comporte des manques, mais difficile, si mal placé, il génère une extension de
votre espace, perturbant ainsi l’équilibre.
Soit ! Le miroir, donc, attire et reflète, mais pas
seulement. Le Feng Shui lui octroie une autre qualité, celle de répercuter, de
repousser et pas uniquement la lumière. Le miroir devient essentiel pour
écarter les énergies négatives et inopportunes à l’intérieur comme à
l’extérieur. Attention donc, en pénétrant dans les lieux par la porte d’entrée
d’éviter le reflet frontal du miroir. Celui-ci nous renvoie inexorablement vers
l’extérieur. Ceci est un exemple parmi des milliers.
Autant de miroirs, autant d’usages. « Aspirine de
l’habitat », le miroir est un objet fascinant qui demande une justesse de
vue pour jouer son rôle d’embellisseur ou de repousseur. Alors tâchons d’être
fins visionnaires et subtils accrocheurs afin que nos miroirs révèlent enfin toute
notre beauté intérieure.
Pierre Musquin
Consultant et Formateur Feng
Shui
www.fengshui-art.fr
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